Pour lancer la scie à bûches démontable sur le marché il fallait en fait qu’elle soit déjà sur le marché. Voyez-vous, même si les gens disent tout le temps que le “succès immédiat”, c’est comme le “coup de foudre”, les choses ne se passent pas vraiment comme ça. Il faut travailler dur, être dévoué et avoir un engagement inébranlable. Et, dans le cas de Trail Blazer, il a fallu passer beaucoup de temps à discuter avec des clients potentiels sur les marché aux puces locaux. Discuter oui, mais surtout écouter.
Curtis, rejoint maintenant souvent par son fils Shawn, allait de marché en marché, s’installant là où il pouvait trouver une table. “Une fois,” se souvient Shawn, “nous étions assis devant une autocaravane dans un champ au Nouveau-Brunswick, à essayer de vendre nos produits sur un marché aux puces.”
C’était un humble commencement mais c’était un départ parfait. Il se peut même que ce soit la clé de leur réussite. Voyez-vous, deux choses se sont produites pendant qu’ils allaient de marché en marché. Premièrement, les gens parlaient de plus en plus de la scie à bûches démontable de Trail Blazer. Mais plus important encore, Curtis et Shawn apprenaient des choses directement des gens qui se servaient de leur produit. Ils ont développé une passion pour résoudre les problèmes des personnes qu’ils rencontraient.
Peu de temps après, la scie à bûches démontable attira l’attention au-delà des marché locaux. Il a été choisi par les Scouts Canada pour équiper leurs membres partout dans la pays – et ils s’en servent encore aujourd’hui. Et en 1992, le club de chasse North American Hunting Club a essayé la scie à bûches démontable et l’a fortement recommandée à tous ses membres.
C’était aussi à ce moment que les détaillants sont venus frapper à leur porte. Tout d’abord, de Nouvelle-Écosse, le très connu Ron’s Army Navy (aujourd’hui The Adventure Outfitters). Puis, le propriétaire d’un magasin en Ontario est passé au stand. “J’étais au Penhorn Market, “se souvient Shawn, “et il était en vacances et il m’a demandé si je pouvais lui vendre quelques scies. Je n’en avais pas assez, je suis donc rentré et j’en ai fabriqué et je me suis rendu à Mail Boxes Etc. et je les ai expédiées à Concord, Ontario.” Ce petit envoi a vraiment ravivé leur courage. C’était la preuve que cette idée avait un potentiel.
“En février 1995, Papa et moi avons discuté,” raconte Shawn, “et j’ai dit, ‘tu sais je pense que je peux en faire une entreprise. J’étais juste en train de finir mes études à l’université. J’ai quitté mon emploi dans l’armée, j’ai quitté mon emploi de barman, je me suis retrouvé avec un salaire de rien du tout,” dit-il en riant, “et j’ai décidé d’essayer d’en faire une entreprise.”